jeudi 15 novembre 2012


Paris Photo, sous la verrière du Grand Palais. 
Cette année, David Lynch est invité à dire ses préférences et dans les allées, chaque image élue de lui est gratifiée d'un petit panneau noir, où figure la mention manuscrite Vu par David Lynch d'un blanc lumineux très chic. Un cartel bien trop présent et qui ne cesse de divertir l'œil. Son goût mis en avant, le nôtre peut bien descendre à la cave. On aimerait tellement que des créateurs influents se rebellent face à ce genre d'opération Coups de cœur d'une personnalité d'exception émanant des instances organisatrices et communicantes. Entendre Werner Herzog asséner un "Allez vous faire foutre avec vos idées grotesques", Jean-Louis Trintignant couper court par un "Plutôt mourir que d'ouvrir ainsi ma rétine", ou Manoel de Oliveira rétorquer d'un "C'est ridicule et puis j'ai autre chose à faire, je tourne un film." 

mardi 13 novembre 2012

SPÉCIALES DEDICACES :

Les couvertures des variations philosophiques sur la gentillesse d'Emmanuel Jaffelin, aux éditions Bourin, ont souffert de vandalisme dans les replis de ma bibliothèque, alors que je me faisais une joie de feuilleter à nouveau ces ouvrages, en l'honneur de cette journée dédiée. Monde cruel. 

dimanche 11 novembre 2012


La paix a peut-être une homonymie malheureuse
Et la mort l'ironie d'une étreinte.
Mais à l'heure du cessez-le-feu, 
C'est bien le nom d'un cocktail qu'on entend.
Apprécié des poilus dans la tranchée d'un club, 
scotch brandy vermouth et limonade, 
Avant la grande guerre des taxis en pleine nuit fériée.  

mercredi 7 novembre 2012


Je trouve un terrain d'entente à ces deux photos. Une même distance plaisante du sujet face au saugrenu. Et pourtant, hélas, plus qu'un océan les sépare. L'une a été réalisée à une époque où l'introduction dans le vocabulaire commun de la dénomination "coach de vie" était en cours. J'en frémis.  


Collaboratrice d'Alfred Keller, créateur de modèles d'insectes agrandis dans les années 50, visibles au Musée d'Histoire Naturelle de Berlin. 
Le compositeur John Cage, le jour de ses 80 ans, aux États-Unis, en 1992 (photo : steven speliotis).

lundi 5 novembre 2012

Alors que certains ont les yeux rivés sur les États-Unis d'Amérique, pour ma part, je brûle de savoir qui a remporté le Mondial de la Pizza, qui s'est tenu à Disneyland Paris, hier et aujourd'hui, dans la salle du Dôme. Un hommage à la calzone ? J'en doute, car elle n'apparait pas dans les catégories puristes du concours. Ouvert à toutes les pizzaïolas et à tous les pizzaïolos de toutes les nationalités, les compétiteurs en tenue de circonstance sont jugés sur la conception, la présentation, l'hygiène et le goût de préparations à base de pâton : la Classica (ronde, 29 cm de diamètre minimum), la Teglia (plaque de 60cm x 40cm, une spécialité romaine), la Large (où comment réaliser le disque de pâte le plus grand possible avec une unité de 500 gr), sans oublier la pizza de Demain (le fleuron de l'innovation), le Free Style individuel (oui, il existe une discipline appelée Pizza acrobatique, dans laquelle un véritable athlète de la pâte enchaîne des figures, qui, pour l'occasion, seront liées à des musiques de films de Disney ou de Mickael Jackson), et enfin la Rapidité (qui consiste à étaler le mieux possible quatre pâtons en un temps record). 
J'ai un regret : la pizza dessert est strictement interdite. Alors, je me console avec cette citation de Thierry Graffagnino, Président de la Fédération des Pizzaïolos de France : " La pizza est un art. C'est la rencontre de l'artiste avec son œuvre.Tout comme la toile, elle n'est jamais arrêtée. La pizza trouve donc son excellence dans la créativité par la recherche perpétuelle d'innovation." 
Que le meilleur gagne. 

dimanche 4 novembre 2012


Polaroid trouvé côté cul des camions d'une brocante/vide-grenier, 
en voulant échapper à la foule et aux étalages. 
Le pas de côté qui fait de ce dimanche un moment lumineux. 

vendredi 2 novembre 2012

Un homme s'attable à ma gauche, il est seul et visiblement c'est un habitué, car le serveur anticipe sa commande par une interrogation de routine : "Un café ?".
L'homme possède deux téléphones qu'il met l'un sur l'autre. Une habitude fréquente, me semble-t-il, chez ceux qui en ont deux. 
L'un rejoint bientôt son oreille, et je l'entends déclarer : "Ces discussions de frigidaire ne m'intéressent pas, pour la énième fois." 
Il ne restera pas longtemps, visiblement agacé, laissant un espresso à peine avalé.
À ma droite, deux femmes, présentes avant mon arrivée et qui seront là après mon départ, ont peu à peu un échange qui prend la forme d'une confidence. L'une évoque sa quête de l'amour, puis son anorexie adolescente, ses troubles alimentaires liés à d'autres traumatismes, son diagnostic précoce d'anosmie, sa vie et sa relation à la nourriture avec un odorat défaillant, à celle qui l'accompagne et semble tout apprendre de ce parcours personnel. 
Alors commence ma métamorphose en bac à légumes.