lundi 24 décembre 2012

Noël dans la famille Denby, Washington D.C., 1922, 
National Photo Company
(source : Shorpy Historical Photo Archive)

dimanche 23 décembre 2012


Maintenant que cela est derrière nous et que tout est rentré dans l'ordre, je peux bien avouer un léger pincement, un menu regret, qui me suit partout comme un petit chien malodorant. Savoir que j'aurais pu partir sans avoir jamais dégusté une banane double, condamnée par l'intransigeant calibrage dictant l'allure de nos étals de fruits et légumes, m'est aujourd'hui intolérable.
Puisque le ciel est clément et la terre toujours nourricière, j'irai donc un jour prochain en Martinique et Guadeloupe pour débusquer moi-même ce spécimen rare et roboratif. Afin que cette banane bannie ne soit plus mon spectre bancal. 

vendredi 21 décembre 2012

mercredi 19 décembre 2012

Ici, on s'écrie, même si ça ne s'entend pas. 
Mais on ne hurle pas avec les loups. 
Cette brève datée du 18 décembre, publiée sur le site de Libération, dans Next/ rubrique Arts, intitulée "Peinture hurlante" (par F-L.D.) nous avait pourtant mis le cri à la bouche. On était tenté. 
Voilà son contenu : 



Dans l'article, la mention soulignée expliqué le peintre, qui doit renvoyer à une source ne mène qu'à une page d'erreur et la vidéo, lorsqu'on clique dessus, n'est déjà plus accessible le jour suivant, pour raisons de droits d'auteur...
Ce "tartinage" sonore paraissait tellement gros qu'on s'est décidé à faire le travail journalistique qui visiblement n'avait pas été fait : chercher qui est cet artiste, quel est son projet.
Kim Beom n'est pas peintre et ce n'est pas lui qui apparaît à l'écran (mais un acteur). Son but n'est pas non plus de créer guidé par une palette de cris et cette vidéo, Screaming Yellow Paint — l'œuvre elle-même et non une captation d'un pseudo peintre qui peint —, ne laisse pas présager une tendance picturale bruyante...
Kim Beom a 48 ans, une pratique conceptuelle qu'il aborde volontiers par l'absurde. Le regard de côté, le sens dessus dessous. Ses installations, ses vidéos, ses dessins ou ses livres font l'objet d'expositions internationales ; la plus récente s'étant tenue cet été à Londres à la Hayward Gallery. Ici n'est pas le lieu du développement critique, mais celui de partager le bonheur d'avoir découvert le travail d'un artiste, et la tristesse de voir qu'on en parle comme d'un gag internet. Car ce sujet traité par Libé est bien peu délicatement classé dans "Brut de Net - Les documents filmés ou sonores du web : documents d'actu ou images amateurs".
Résultat : 
Pour avoir mis la main sur un cri de contrefaçon, on s'offre un cri de consolation.
On n'a pas eu le cri qu'on voulait, mais un autre bien plus authentique, poussé contre les mauvaises manières du web, trop dépendant des raccourcis. 


mardi 18 décembre 2012


Il y a donc ce doute qui s'installe entre l'eschatologie et la scatologie. Et si la fin promise n'était que lubie excrémentielle ? Et si la langue avait fourché, et si l'oreille n'avait pas bien entendu, et si parle à mon cul. Le monde recouvert de caca, on connait déjà. Nous sommes, nous étions, et dans un futur proche, désormais, nous étrons. 

vendredi 14 décembre 2012


Si tout est bientôt censé cesser, et puisque nous entrons dans la semaine ultime, le moment est venu de te célébrer. Car cet espace est ton domaine, la virtualité est ton royaume. Toi le chat, socle de la pyramide, fondement absolu dans la hiérarchie des besoins régissant les actions des internautes, librement inspirée par Maslow. Toi que les humains naviguant sur le web aiment plus que les réseaux sociaux, le porno et la vision de l’échec d’autrui. Toi le Keyboard Cat jouant du synthé, toi le Lolcat, toi le quadrupède dont la toute-puissance est désormais reconnue par le tout nouveau Grand Musée de l'Internet. Il est temps que ta fourrure ne s’exhibe plus dans des contextes trop souvent dégradants. 
Aujourd’hui, quelqu’un va te sortir de là. Pour finir dignement, la queue haute. Tu as enfin droit au chapitre. Ton sauveur se nomme Jackson Galaxy. Son nom est beau, peut-être pas exactement celui de l'état civil, mais qu'importe, puisque le réel touche à sa fin. Il est là pour te chaperonner à nouveau, te redonner un peu de chaleur et te faire des chatteries. On a assez chatouillé ton ego. Tu n’es plus un phénomène de foire. Toi pataugeant dans l’eau déguisé en saucisse, toi tentant d’attraper les objets d’une chaine de télé achat, toi jouant au ping-pong avec une tortue droguée. Tout ceci est fini, terminé, du passé. Une nouvelle ère "galactique" s’ouvre à toi. Jackson est là pour toi depuis L.A. Il est ton ami, ton père spirituel : il est cat behaviourist, thérapeute comportementaliste pour félins. Ses théories sont incontournables. Qui pouvait bien un jour imaginer qu'aller naître le "journalisme félin" ? Apprendre à enquêter sur la vie de son chat hors de tout sentimentalisme et comme un vrai reporter professionnel mener scrupuleusement l’investigation, pour enfin trouver la réponse au pourquoi universel : pourquoi le matou pisse toujours hors de sa litière ? Jackson fait tomber bon nombre d’idées reçues, libère les consciences et met fin aux vieilles guerres : nous ne sommes pas plutôt chat ou plutôt chien, nous pouvons aimer toutes les énergies animales et faire cesser par notre volonté ce manichéisme domestique. Écouter Jackson parler, c’est comme entendre son chat ronronner : un flux d’apaisement et de bien-être. Bienvenue dans l'apochalypse.