lundi 7 décembre 2015


Dans l'urne 
j'ai glissé
mon corps électoral
d'un bleu ecchymose
s'enveloppe.

vendredi 4 décembre 2015


Le dernier moi de la née (4)

Dans les vitrines 
de la buée
on n'y voit rien
les peluches transpirent à grosses gouttes
les ours s'épongent avec les poupées
même les manèges ont des suées 
mais les enfants ne pleurnichent pas
ils sont en âge
ils savent, pour le réchauffement climatique.

jeudi 3 décembre 2015


Le dernier moi de la née (3)

les rues, enluminées de décorations
étoile, je passe
flocon, je ralentis
rennes et traîneau, je m'arrête

mercredi 2 décembre 2015


Le dernier moi de la née (2)

Adulte dresseur de listes
comme chaque année
m'éloignant de l'enfance 
de la phosphorescence
je réclame une seule chose
au seul habilité
du rab de neurones
au Père Nobel. 

mardi 1 décembre 2015


Le dernier moi de la née

te voilà
tes aiguilles
une à une 
sous ma peau
commencent leur travail de sapin

vendredi 27 novembre 2015


Ce qui bat

Au cul de la camionnette parisienne qui vient soulager la ville des caprices de ses habitants, parmi les vieux matelas, les gazinières qui ont brulé trop de repas, les meubles d'un passé aux dates incertaines, surgit une vitrine en verre, tête en bas, piétement en faux bois. Une pince à sucre géante apparaît depuis la cage transparente, dans les entrailles de la benne. Travelling latéral sur la fameuse machine attrape. Regarder passer la fête foraine. L'excitation avant l'étreinte. Le jouet qui tend son cou. La main de métal qui hésite, se reprend. Et le cadeau, peut-être. La pince pourrait accueillir parfaitement un cœur. Palpitant dans les encombrants. Je veux voir coûte que coûte aujourd'hui quelque chose qui bat. 

jeudi 26 novembre 2015


L'augure 

Un rendez-vous d'hiver. La nuit attendue. Le froid décoratif. Comme les chats qui viennent à l'heure dite chercher leur part d'exigence, ils sont là, ils ne manquent jamais ce moment. Ils parlent entre eux devant moi. Alphabet. Territoire. Le ciel, soudain. Je ne sais rien d'eux quand ils n'évoluent pas en volute ici et maintenant. Ils dansent pour moi dans le trou suspendu. Beauté noire et dense, impossible à trafiquer. Je prends le temps. Ils m'apprennent. Ma reconnaissance est sans limite envers le cran des oiseaux.